
Gil Scott Jackson
A chaque fois qu’ils jouent The Bottle sur scène, c’est toujours la même histoire : le public part en vrille, emporté par le groove irrésistible de ce qui constitue leur plus grand succès. Ces 2 jeunes hommes, Gil Scott-Heron et Brian Jackson, se sont rencontrés sur les bancs de la fac. Ensemble, il enregistrent leurs premiers albums associant le spoken word du premier au funk-jazz du second.
Jusqu’au clash.
Durant toute la décennie 70, leur renommée sera croissante. Ils sont beaux, talentueux, rayonnants. L’Amérique, noire d’abord, vite multicolore ensuite, tombe à leur pieds. Les textes de Gil prennent leurs racines dans le combat pour les droits civiques américains, dans le droit fil du Black Art Movement et des Last Poets. Musicalement, il se définie comme un "bluesologist", un chercheur qui explore toutes les facettes du blues. Ca tombe bien, son copain Brian, armé d’une flute ou d’un clavier, fusionne jazz, blues et soul. 10 ans de complicité, 10 albums au compteur.
Puis vint la rupture.
En cause, des conflits artistiques _ Scott-Heron souhaite revenir à une musique moins sophistiquée que celle produite par Jackson - mais aussi financiers : le chanteur et parolier du groupe touche seul la très grande majorité des royalties.
Bref, c’est le clash.
Après quelques collaborations musicales, Brian Jackson quitte le show-business et se trouve un boulot au service informatique de la ville de New-York. Ce n’est qu’après avoir pris sa retraite, 9 ans après la mort de son ancien comparse, qu’il remet le couvert avec "Gotta Play", son premier album solo.