Le pedigree

Pafasil

Une vie en gruyére

Jeune entrepreneur à succès, joueur de golf reconnu, Pafasil a rejoint l’équipe de radio Pacoul dans des conditions tellement rocambolesques qu’il convient de les rapporter ici.

Rien ne prédisposait cet enfant de la génération open source à faire parti de la plus excitante expérience radiophonique du XXIém siècle. Parti de nulle part mais passionné par l’informatique, il monte sa première start-up, Easypécul, à 17 ans. Celle-ci se spécialise dans le trading à haute fréquence, une technique terriblement efficace pour faire de l’argent avec de l’argent. Un certain Jerome Kervieille compterait parmi ses premiers clients. Fortune faite un peu moins de trois ans plus tard grâce à la vente de sa société pour une somme restée confidentielle, le jeune loup se jette à corps perdu dans le golf, un sport qu’il appris à pratiquer au cours de repas d’affaires.

Encouragé par ses premiers résultats ( 73ém au concours régional de Monteton dans le Lot et Garonne , 35ém à celui de la Grande Motte ) il n’hésite pas à prendre à son service un ancien bucheron nommé Tiger Bois pour piloter sa voiturette et porter ses clubs. Alors que ses succès sur le green s’enchainent les uns après les autres, il se prend d’affection pour ce vieux sauvageon plus porté par les filles et le rhum que par son swing mais doté d’une humeur chaleureuse sans pareille. Sous son aile, le tigre de la forêt apprend à faire la différence entre les putters et les wedges, à effectuer magistralement backswing, backspin et autres trucs en back super importants dans le golf, à sortir d’un bunker sans l’aide du râteau, à emmener sa balle sur le greenway dés le premier coup et même à compter ses points selon la méthode dite Stableford, une méthode normalement réservé aux agrégés de mathématiques. Mais son plus grand enseignement sera certainement celui lui permettant d’effectuer un "trou en un", à savoir rentrer sa balle dans le trou en un seul coup.

Ainsi, alors que son mentor préfère se retirer des circuits par pure modestie, Tiger Bois deviens vite un joueur exceptionnel, sans doute l’un des meilleurs au monde. Mais leur collaboration prend subitement fin le jour où "le tigre" porte plainte contre son mentor pour "harcèlement sexuel et comportement inapproprié sur un parcours de 18 trous." La plainte sera classée sans suite ce que certaines mauvaises langues attribuent à la dotation d’une somme conséquente de Pafasil à l’association des orphelins de la police.

Mais l’affaire laissera des traces. L’affront, le déshonneur, l’humiliation se pressent à la porte du manoir de Pafasil. Voilà donc notre ami, ancienne égérie de la silicone vallee, seul, abandonné de tous, un soir de pluie tiède, le club dégoulinant à la main, contemplant les 18 hectares ( oui, un par trou ) trempés de son parcours privé. A quoi bon finir systématiquement au minimum 3 coups en dessous du par si c’est pour vivre seul se demande-t-il ? Pourquoi mon seul compagnon de route, mon disciple, mon enfant, mon tigrou à moi me trahit-il ? Pourquoi la tourbe d’un verre de whisky écossais ne peut-elle se déguster sans une pointe d’amertume, ce qui, convenons en, est assez personnel comme remarque ?

Abattu, il se laisse transpercer par la vilaine grêle qui se met à tomber ce soir là sans relâche, tapant rageusement les boules de glace comme autant de balles improbables. Si fort qu’il n’entend pas les aboiements qui se rapprochent de lui. Lorsqu’une mâchoire puissante s’empare de ses mollets, il n’oppose aucune résistance et s’abandonne littéralement à cette force inattendue, comme si l’idée d’en finir pouvait paraitre presque reposant. Tant et si bien qu’il finit par sombrer dans un profond sommeil.

Lorsqu’il reprend ses esprits, le soleil est réapparu, le bruit des vagues atteint ses oreilles et une intense odeur de figuiers imprègne ses narines . Le pitbull qui veillait à ses cotés et qui l’a conduit jusqu’à notre île lui lèche les joues en signe de bienvenue. Il aperçoit alors la joyeuse bande qui compose l’équipe de radio pacoul, toute occupée à classer ses disques. Prenant soudainement conscience de tout ce qui importe dans la vie, à savoir le dub, le rhum, les filles et les pitbulls, il décide de consacrer le reste de son existence à la radio, à commencer par la création du site, radiopacoul.top.

Moralité : tant va la cruche au fond du trou qu’à la fin elle passe et les chiens aboient.