Les micros-comptoirs

La lutte 4.0

La manif pour tous

Un dimanche ensoleillé d’octobre dans les beaux quartiers parisiens.

En famille ou entre amis, ils sont quelques dizaines de milliers à battre le pavé pour exprimer leurs désaccords suite à la promulgation trois ans plus tôt de la loi sur le mariage pour tous dite loi Taubira.

Ils nous confient leur craintes face à ce qu’ils nomment l’engrenage : les couples homosexuels feraient largement usage des techniques de procréation assistée afin de connaitre les joies de la parenté ce qui entraine une marchandisation du corps de la femme et de l’enfant. Ces techniques - PMA et GPA - sont aujourd’hui réservées en France pour les seuls couples hétérosexuels frappés d’infertilité. Mais demain ? Verrons nous la mise en place de fermes de procréation, de marchés au bébés, d’agence de location en ventre maternels ?

Tout le long du cortège, on en discute avec eux. Parfois en se laissant convaincre par leurs arguments, d’autres fois avec plus de scepticisme. Il fait beau, l’été traine un peu la patte pour se retirer et nous laisse profiter de ses derniers rayons de soleil dans une ambiance bon enfant.

Jusqu’à ce que quelques adolescents invectivent les participants au défilé. Réponse bruyante des intéressés. Quelques CRS et une grenade de désencerclement plus tard et tout rentre rapidement dans l’ordre. Mais des membres de l’Action Française en ont vite profité pour clamer des slogans qui n’ont plus rien à voir avec le sujet.
Et l’on préfère quitter les lieux.

Petit lexique :

PMA : La procréation médicalement assistée (PMA), également appelée assistance médicale à la procréation (AMP), est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la médecine intervient plus ou moins directement dans la procréation : insémination artificielle, fécondation in vitro, stimulation ovarienne, réduction embryonnaire ou encore recours à une mère porteuse.

GPA : La mère porteuse porte l’enfant d’un couple de « parents intentionnels » qui a fourni des embryons. Elle ne fournit habituellement pas de contribution génétique, c’est-à-dire d’ovule, mais prend en charge le développement in utero d’un embryon et, à la naissance, remet l’enfant aux parents d’intention.

Arrêté Taubira : La circulaire dite « Taubira » du 25 janvier 2013, appelait les juridictions françaises compétentes (Tribunaux d’Instance) à faire droit aux demandes des parents relatives à la délivrance d’un certificat de nationalité française. Les enfants de parents français nés de GPA à l’étranger bénéficient, selon la circulaire en question, de la nationalité française.

Média sonore :
Le Monde
Polemix & la voix OFF