La Planète Six

L’orientalisme Part 1.

Le désert, c’est épatant !

Avec cette session, démarre une série sur la musique orientaliste, à dos de dromadaire entre les XIX et début du XXe s.

Au siècle des Lumiéres succède en France le siècle des guerres de colonisations. L’Égypte, le Maghreb, l’Indochine...autant de contrées lointaines qui évoquent pour les uns des victoires militaires, pour les autres le sentiment d’œuvrer à la propagation de la "civilisation". Pour les artistes, ce sont de nouvelles sources d’inspiration. Les peintres et les compositeurs en particulier s’emparent du sujet pour faire rêver les foules hexagonales. Et ça marche ! La culture orientale s’invite partout, à la maison, dans les galeries, à l’opéra. A tel point qu’on lui donne un nom : l’orientalisme.

Pour cette première session, El Rozé nous propose de découvrir les deux premières parties de l’ode-symphonie "Le Désert" (1844) de Félicien David.

Entre 1833 et 1835, ce compositeur adepte du saint-simonisme, visite Constantinople, Smyrne, Jaffa, Jérusalem et s’installe un temps en Égypte. De retour à Paris, David reste fasciné par les sensations nouvelles qu’il a éprouvé, et cherche à les transcrire dans plusieurs de ses partitions. Le Désert, composé en 1843 sur un texte d’Auguste Colin, lui apporte la célébrité.

L’œuvre fait en effet un tabac dans les salles parisiennes de l’époque. D’écriture (trop) conventionnelle, on n’y trouve rien de révolutionnaire, si ce n’est, peut être, l’association d’ode et de symphonie, c’est à dire d’un récitant avec un chœur et un orchestre. Elle s’écoute néanmoins très facilement grâce à la simplicité de ses mélodies et son caractère évocatoire. C’est typique de l’art bourgeois, un art qui ne dérange ni ne bouscule personne, comme un pot de fleur posé dans un coin ..ou une dune ventripotente avachie dans le désert.